Archives pour juillet 2008

La rumba supplantée par la musique est-africaine

juillet 28, 2008

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) Las de la rumba, jugée monotone et légère, les habitants de Goma se ruent sur la musique venue d’Afrique de l’Est, plus calme et éducative, plus proche d’eux culturellement.

Dans le centre de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, à l’est de la Rd Congo, de gros baffles en devanture des magasins de disques passent à longueur de journée des morceaux de musique est-africaine. Des badauds s’agglutinent devant le petit écran d’une boutique, le regard happé par un clip de musique tanzanienne. Qu’un morceau de ce style passe dans une boîte de nuit de Goma et la piste de danse est pleine à craquer.
La musique venue d’Afrique de l’Est est arrivée dans la région depuis quelques années pour finir par s’imposer, par sa douce cadence, proche du zouk et du tempérament des gens de l’Est de la RDC. Les gomatraciens ne se reconnaissent plus dans les danses et l’attitude sur scène des artistes de rumba congolaise. “Certains ont des accoutrements bizarres et immoraux. Ce n’est pas bon pour l’éducation de nos enfants”, regrette Raphaël Byemba, un mélomane adepte de la rumba congolaise. “Le public se plaint des polémiques qu’ils lancent dans leurs chansons”, ajoute une commerçante de Goma, faisant allusion aux morceaux qui font l’apologie des politiciens et des hommes d’affaires.
Les thèmes abordés par la musique est-africaine, tels le sida, le mariage ou le travail, viennent combler les attentes d’un public déçu par la légèreté des messages véhiculés par les artistes de leur pays dont le rythme saccadé, parfois agressif et exécuté par de nombreux instruments, a pris le pas sur le message éducatif. Les anciens succès étaient remplis de savoir vivre, abordant l’éducation, le respect de la femme et des anciens. “Nos chansons sont aujourd’hui focalisées sur l’amour. Elles sont trop longues et atteignent parfois jusqu’à 13 minutes. La notion de fond nous échappe et nous restons focalisés sur la forme”, analyse Mac El Sambo, dans un élan d’autocritique. “Nos musiciens sont devenus monotones”, déplore Raphaël Byemba. Le fait que la musique est-africaine, tanzanienne, ougandaise, kenyane, soit chantée en swahili, première langue parlée à l’Est de la RDC, finit de ravir sa place à la musique venue de Kinshasa, chantée en lingala, la langue parlée à l’Ouest. “Le lingala qu’utilisent les musiciens congolais est presque méconnu à l’Est”, explique Mac El Sambo, un musicien de Goma.

Rumba délaissée
À Goma, depuis près de trois ans et l’arrivée de cette musique qui plaît tant, les magasins de musique qui poussent comme des champignons font le plein de ces airs importés”Les gens n’achètent plus beaucoup de rumba actuellement et nous ne réapprovisionnons plus nos stocks dans ce sens car nous n’arrivons plus à les écouler…”, explique une commerçante de Goma, se réjouissant cependant de l’essor des musiques des pays voisins qui lui a permis de relancer ses affaires.
Certains artistes locaux tentent d’adapter leur musique aux attentes de la population. “Je joue ‘ma rumba’ en solo et en swahili, pour essayer de redorer l’image de la rumba congolaise”, déclare Tosh Mambu, un musicien. D’autres se lancent carrément dans la musique est-africaine : “Je préfère chanter des morceaux qui plaisent”, ironise un musicien local. Cependant, les nombreux groupes locaux qui s’étaient formés pour reprendre les tubes produits à Kinshasa disparaissent l’un après l’autre, et se plaignent du peu d’appui qu’ils reçoivent de la part des groupes et des stars de la capitale qu’ils aident pourtant à promouvoir. “Les musiciens de la capitale ne regardent pas à l’Est lorsqu’ils recrutent pour leur groupe”, se plaint Tosh Mambu. Née dans les années 50 et première musique africaine à s’être imposée dans le monde entier, la rumba congolaise est en train d’être supplantée. “Nous devons évoluer. La rumba à vieilli, laissons place à d’autres genres”, indique lucide, Magloire Paluku, musicien compositeur. À Goma, hormis les week-ends où les rythmes chauds et déhanchements assurés attirent encore quelques anciens fans, la musique de l’ouest n’a plus la cote.

Alain Wandimoyi

Walungu : la sécurité, c’est la vie

juillet 28, 2008

Souriant le Mwami Pierre Ndatabaye lors de la cession de l'éradication de la violence sexuelle et l'elimination de l'impunité dans le Grands lacs à Goma le 17 juin 2008

Souriant le Mwami Pierre Ndatabaye lors de la cession de l'éradication de la violence sexuelle et l'elimination de l'impunité dans le Grands lacs à Goma le 17 juin 2008

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Les champs sont à nouveau cultivés, les troupeaux reviennent, l’électricité fonctionne : le territoire de Walungu au Sud-Kivu revit après dix ans d’insécurité qui avait paralysé toutes les activités. Au grand soulagement de tous les habitants.

 

 

 

 

 

 

 

Fin juin, Pierre Ndatabaye Weza III, le chef de la collectivité-chefferie de Ngweshe, dans le territoire de Walungu, non loin de Bukavu en RD Congo, sorti depuis peu de sa cachette, a béni les semences pour la prochaine saison culturale de septembre. Un rite traditionnel, le mubande, “pour mobiliser les paysans aux travaux agricoles et d’élevage“, selon lui. Il n’avait pas été célébré depuis 10 ans. Une preuve de plus du retour de la sécurité dans cette région, théâtre, durant une décennie, de viols, de pillages, d’incendies et de tueries qui avaient fait fuir les habitants et contraint le Mwami, le chef traditionnel, à se cacher.

Ces dernières semaines, il a entrepris de visiter les groupements de Walungu, où il procède au semis dans les marais avec les paysans. J’ai fait bénir mes semences de haricots et de sorgho pour les confier à la protection royale et leur assurer un bon rendement, se réjouit Petro Rwizibuka. J’ai repris les travaux des champs, renchérit Cibenjuka Ntumulo, un quadragénaire de Kaniola, rassuré par la présence du Mwami au milieu de la population. Ça va bien marcher. Les incursions et les ravages des récoltes par les groupes armés ont d’ailleurs diminué“, commente-t-il, tout en continuant à épandre de la bouse de vache sur son champ.  De fait, les Mudundu 40 (un groupe armé local), qui détruisaient récoltes et maisons, sont partis exploiter l’or à Mukungwe. Les autres groupes armés (les Rastas et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda – FDLR) sont devenus moins virulents. La vie reprend dans les campagnes et en ville.

Le bétail revient. On croise des troupeaux conduits par des bergers venus de loin. “Nous les achetons à Kalehe, (65 km au nord de Bukavu, Ndlr) ou à Bukavu en provenance d’Idjwi (une l‘île à l’intérieur du lac Kivu) et les faisons venir jusqu’ici pour reprendre l’élevage décimé par les groupes armés“, affirme le chef des cinq bouviers qui les poussent. Déjà, des vaches, des moutons et des chèvres paissent et broutent sur les collines et dans les marais. Le long de la route, des paysans récoltent du manioc et du sorgho, d’autres labourent les champs en friche, préparant les semis de la prochaine campagne. Des taxis-motos circulent sans cesse et les bus de transport en commun relient à nouveau quotidiennement Walungu à Bukavu. 

 

Retour de la fée électricité

En ville aussi, la vie a changé depuis un an avec le retour de la sécurité… et du courant électrique. Depuis un an, la SNEL (Société nationale d’électricité) a lancé une campagne de sensibilisation sur la nécessité de s’abonner pour bénéficier du courant électrique plutôt que de se raccorder frauduleusement sans jamais payer de factures. Quelque 350 abonnés se sont déjà inscrits.

Le vrombissement des moulins, qui pendant la journée attirait les pillards et les voleurs la nuit suivante, a ainsi repris. Au centre commercial, des rangées de femmes et des fillettes, chacune avec son sac, attendent leur tour pour faire moudre le manioc et le sorgho. Elles se pressent à la porte des moulins aux murs saupoudrés de farine blanche. Actuellement, “des nouveaux moulins électriques sont installés et les femmes ne vont plus à Bukavu pour y moudre le manioc et le sorgho, mais le font directement à Walungu“, reconnaît Dismas Katumba, président du comité des meuniers de Butuza.

Dans les débits de boissons, certains clients dansent au rythme de la musique malgré la chaleur. Jusqu’à 20 heures, les ateliers de couture travaillent encore. Partout les hommes et surtout des jeunes circulent jusqu’au-delà de 22 heures, “parce que nous avons de l’électricité“, se réjouit Emile Butudu, tenancier d’un cabaret au centre commercial.

Les Ong aussi sont revenues : Save the children UK a construit l’école officielle de Walungu et assure la formation des comités de parents pour la meilleure gestion des écoles et la prise en compte des droits des filles dans l’éducation. L’association américaine Women for Women International a ouvert un bureau pour suivre les crédits qu’elle distribue aux femmes victimes de violences sexuelles et aux ménages démunis. L’espoir renaît enfin…

Thaddée Hyawe-Hinyi

 

La rumba supplantée par la musique est-africaine

juillet 28, 2008

Mac El Sambo Chante pour la paix à la population de Ishasha

Mac El Sambo Chante pour la paix à la population de Ishasha

 

 

 

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) Las de la rumba, jugée monotone et légère, les habitants de Goma se ruent sur la musique venue d’Afrique de l’Est, plus calme et éducative, plus proche d’eux culturellement.

 

Dans le centre de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, à l’est de la Rd Congo, de gros baffles en devanture des magasins de disques passent à longueur de journée des morceaux de musique est-africaine. Des badauds s’agglutinent devant le petit écran d’une boutique, le regard happé par un clip de musique tanzanienne. Qu’un morceau de ce style passe dans une boîte de nuit de Goma et la piste de danse est pleine à craquer.

La musique venue d’Afrique de l’Est est arrivée dans la région depuis quelques années pour finir par s’imposer, par sa douce cadence, proche du zouk et du tempérament des gens de l’Est de la RDC. Les gomatraciens ne se reconnaissent plus dans les danses et l’attitude sur scène des artistes de rumba congolaise. “Certains ont des accoutrements bizarres et immoraux. Ce n’est pas bon pour l’éducation de nos enfants”, regrette Raphaël Byemba, un mélomane adepte de la rumba congolaise. “Le public se plaint des polémiques qu’ils lancent dans leurs chansons“, ajoute une commerçante de Goma, faisant allusion aux morceaux qui font l’apologie des politiciens et des hommes d’affaires.

Les thèmes abordés par la musique est-africaine, tels le sida, le mariage ou le travail, viennent combler les attentes d’un public déçu par la légèreté des messages véhiculés par les artistes de leur pays  dont le rythme saccadé, parfois agressif et exécuté par de nombreux instruments, a pris le pas sur le message éducatif. Les anciens succès étaient remplis de savoir vivre, abordant l’éducation, le respect de la femme et des anciens. “Nos chansons sont aujourd’hui focalisées sur l’amour. Elles sont trop longues et atteignent parfois jusqu’à 13 minutes. La notion de fond nous échappe et nous restons focalisés sur la forme“, analyse Mac El Sambo, dans un élan d’autocritique. “Nos musiciens sont devenus monotones”, déplore Raphaël Byemba. Le fait que la musique est-africaine, tanzanienne, ougandaise, kenyane, soit chantée en swahili, première langue parlée à l’Est de la RDC, finit de ravir sa place à la musique venue de Kinshasa, chantée en lingala, la langue parlée à l’Ouest. “Le lingala qu’utilisent les musiciens congolais est presque méconnu à l’Est”, explique Mac El Sambo, un musicien de Goma.

 

Rumba délaissée

À Goma, depuis près de trois ans et l’arrivée de cette  musique qui plaît tant, les magasins de musique qui poussent comme des champignons font le plein de ces airs importés“Les gens n’achètent plus beaucoup de rumba actuellement et nous ne réapprovisionnons plus nos stocks dans ce sens car nous n’arrivons plus à les écouler…“, explique une commerçante de Goma, se réjouissant cependant de l’essor des musiques des pays voisins qui lui a permis de relancer ses affaires.

Certains artistes locaux tentent d’adapter leur musique aux attentes de la population. “Je joue ‘ma rumba’ en solo et en swahili, pour essayer de redorer l’image de la rumba congolaise”, déclare Tosh Mambu, un musicien. D’autres se lancent carrément dans la musique est-africaine : “Je préfère chanter des morceaux qui plaisent”, ironise un musicien local. Cependant, les nombreux groupes locaux qui s’étaient formés pour reprendre les tubes produits à Kinshasa disparaissent l’un après l’autre, et se plaignent du peu d’appui qu’ils reçoivent de la part des groupes et des stars de la capitale  qu’ils aident pourtant à promouvoir. “Les musiciens de la capitale ne regardent pas à l’Est lorsqu’ils recrutent pour leur groupe”, se plaint Tosh Mambu. Née dans les années 50 et première musique africaine à s’être imposée dans le monde entier, la rumba congolaise est en train d’être supplantée. “Nous devons évoluer. La rumba à vieilli, laissons place à d’autres genres”, indique lucide, Magloire Paluku, musicien compositeur. À Goma, hormis les week-ends où les rythmes chauds et déhanchements assurés attirent encore quelques anciens fans, la musique de l’ouest n’a plus la cote.                                                                                  

 

Alain Wandimoyi

Hello world!

juillet 26, 2008

Welcome to WordPress.com. This is your first post. Edit or delete it and start blogging!